TTenilar
Gestion quotidienne 24 juin 2026 11 min de lecture

Changer de syndic de copropriété : le guide complet (2026)

Pourquoi et comment changer de syndic en 2026 : les 3 options, le calendrier (J-90 à J-21), le vote en AG (art. 25 et passerelle 25-1) et la transmission des archives (art. 18-2).

En bref

Changer de syndic ne se « résilie » pas en cours de route : dans la quasi-totalité des cas, on ne renouvelle simplement pas le mandat à son échéance et on désigne un nouveau syndic lors d'une assemblée générale. Le calendrier type : vérifier l'échéance du mandat (J-90), faire inscrire le non-renouvellement et la désignation à l'ordre du jour par LRAR (J-60), recevoir une convocation au moins 21 jours avant l'AG (art. 9 du décret du 17 mars 1967), puis voter. La désignation se prend à la majorité de l'article 25, avec la passerelle de l'article 25-1 vers l'article 24 si le projet a réuni au moins un tiers des voix. Vous avez trois options : un autre syndic professionnel, le syndic bénévole (le plus économique) ou le syndic coopératif. L'ancien syndic doit ensuite transmettre les fonds et la trésorerie sous 15 jours et l'ensemble des archives sous un mois (art. 18-2 de la loi du 10 juillet 1965).

AM

Alexandre Michallat

Fondateur de Tenilar

Tous les ans, des milliers de copropriétés changent de syndic. Pas par caprice : parce que les honoraires grimpent sans explication, parce que les travaux traînent, ou parce qu'un conseil syndical a décidé de reprendre la main. Bonne nouvelle, la procédure est balisée par la loi — à condition de respecter le bon calendrier et la bonne majorité. Voici, étape par étape, comment changer de syndic en 2026.

Pourquoi changer de syndic ?

Les motifs reviennent toujours plus ou moins aux mêmes : des honoraires trop élevés ou qui augmentent chaque année, un manque de transparence sur les comptes, une gestion des travaux poussive, des relances d'impayés inexistantes, ou tout simplement l'envie de reprendre le contrôle. Un syndic professionnel facture souvent entre 200 et 350 € par lot et par an pour la gestion courante — auxquels s'ajoutent les prestations hors-forfait (voir notre guide du coût d'un syndic). Sur une copropriété de 20 lots, l'écart entre deux syndics, ou entre un pro et une auto-gestion, se chiffre vite en milliers d'euros par an.

Avant de changer, posez-vous la vraie question : voulez-vous un meilleur syndic, ou un syndic moins cher ? Les deux ne mènent pas au même choix.

Vos 3 options

1. Changer pour un autre syndic professionnel

Vous restez en gestion déléguée mais vous changez de cabinet. C'est la transition la plus simple — vous ne gérez rien vous-même — mais elle ne réduit pas forcément la facture, et il faut prendre le temps de comparer les contrats (forfait, grille hors-forfait, frais annexes). Mettez plusieurs syndics en concurrence : c'est d'ailleurs une obligation périodique du conseil syndical, sauf dispense votée en AG.

2. Passer en syndic bénévole

Un copropriétaire se porte candidat et exerce lui-même la fonction. C'est l'option la plus économique : zéro honoraire de gestion. Le syndic bénévole est élu en AG et assume toutes les responsabilités légales. La charge de travail fait peur, mais elle est largement absorbée par un bon outil (comptabilité guidée, AG dématérialisées, alertes de conformité). Pour savoir si c'est fait pour vous, lisez notre comparatif syndic bénévole ou professionnel.

3. Le syndic coopératif

Variante collective : le conseil syndical assure ensemble les fonctions de syndic, et son président devient le représentant légal du syndicat. C'est une bonne formule quand le conseil syndical est actif et que personne ne veut porter seul la casquette de bénévole.

Le calendrier du changement

Tout se joue autour d'une seule assemblée générale — souvent l'AG annuelle. Le piège, c'est de s'y prendre trop tard. Voici le rétroplanning à tenir :

J-90 : vérifier l'échéance du mandat

Sortez le contrat de syndic et notez la date de fin de mandat. C'est le point de départ : un mandat de syndic dure 3 ans maximum et n'est pas résiliable librement en cours de route. On ne « résilie » donc presque jamais — on attend l'échéance et on ne renouvelle pas. (La révocation en cours de mandat existe, mais seulement pour faute grave, et elle doit être motivée.)

J-60 : faire inscrire la question à l'ordre du jour

Tout copropriétaire peut demander au syndic, par lettre recommandée avec AR, d'inscrire à l'ordre du jour le non-renouvellement de son mandat et la désignation d'un nouveau syndic. Point crucial : joignez le projet de contrat du syndic candidat — il doit figurer dans la convocation, sinon le vote est annulable.

J-21 : la convocation part

Les convocations doivent être envoyées au moins 21 jours avant l'AG (art. 9 du décret du 17 mars 1967), avec l'ordre du jour, les résolutions et le contrat du candidat. Un délai raté, et toute la décision peut tomber.

Jour J : le vote

On vote d'abord le non-renouvellement (ou la non-désignation) du syndic sortant, puis la désignation du nouveau. Reste à connaître la majorité — c'est là que beaucoup de copropriétés se plantent.

Le vote en AG : quelle majorité ?

La désignation d'un syndic se prend à la majorité de l'article 25 : la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. C'est une majorité exigeante, et elle n'est pas toujours atteinte du premier coup.

Heureusement, la passerelle de l'article 25-1 évite le blocage : si le projet a recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, l'assemblée procède immédiatement à un second vote, cette fois à la majorité de l'article 24 (la majorité des seules voix exprimées par les présents et représentés). C'est ce mécanisme qui débloque la plupart des changements de syndic — encore faut-il l'avoir prévu et savoir le déclencher en séance.

  • Art. 24 — majorité des voix exprimées (présents/représentés). Décisions courantes.
  • Art. 25 — majorité des voix de tous les copropriétaires. Désignation du syndic.
  • Art. 25-1 — passerelle vers l'art. 24 au second vote si le projet a obtenu au moins 1/3 des voix.

Pour préparer une AG sereine et calculer ces majorités sans erreur, voyez comment organiser une AG (y compris en visioconférence).

La transmission : ce que l'ancien syndic doit remettre

Le vote ne suffit pas : il faut récupérer le dossier. L'article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965 encadre strictement la passation. L'ancien syndic doit remettre au nouveau :

  • Sous 15 jours après la fin du mandat : la situation de trésorerie, la totalité des fonds disponibles et les références des comptes bancaires du syndicat.
  • Sous un mois : l'ensemble des documents et archives de la copropriété (comptabilité, contrats, carnet d'entretien, PV, fiche synthétique…), y compris leurs versions dématérialisées.

En cas de retard ou de refus, le nouveau syndic ne reste pas sans recours : il saisit le tribunal judiciaire en référé pour obtenir la remise sous astreinte (une pénalité par jour de retard). En pratique, la menace suffit le plus souvent.

Les 5 erreurs qui font capoter un changement de syndic

1. Vouloir « résilier » en cours de mandat

Sans faute grave avérée, c'est impossible — et tenter le coup vous expose à devoir indemniser le syndic. Raisonnez non-renouvellement à l'échéance.

2. Oublier de joindre le contrat du candidat à la convocation

C'est la cause d'annulation la plus fréquente. Le projet de contrat du nouveau syndic doit être dans la convocation, pas envoyé à part.

3. S'y prendre trop tard

Entre l'inscription à l'ordre du jour et le délai de convocation de 21 jours, il faut viser large. Une demande qui arrive après l'envoi des convocations est reportée d'un an.

4. Ne pas anticiper la passerelle 25-1

Beaucoup d'AG abandonnent après l'échec du vote à l'article 25, faute de savoir qu'un second vote immédiat est possible. Préparez ce point avec le président de séance.

5. Négliger la reprise de la comptabilité

Récupérer les fonds ne suffit pas : il faut reprendre les à-nouveaux (soldes de chaque copropriétaire, fonds travaux, situation des appels) sans erreur. C'est le vrai travail technique de la bascule.

Et si vous repreniez la main vous-même ?

Changer de syndic, c'est souvent l'occasion de se poser la question : ai-je vraiment besoin de payer un professionnel ? Pour une copropriété saine de quelques lots, avec un conseil syndical motivé, la réponse est de plus en plus « non ». Le frein, ce n'était pas la loi — c'était l'outillage.

C'est exactement ce que fait Tenilar : une comptabilité de copropriété guidée et conforme, des AG dématérialisées avec PV automatique, des alertes sur les délais légaux, et surtout un module de reprise des comptes qui intègre les à-nouveaux et les soldes au moment de la bascule, plus un assistant qui rédige les relances et les courriers. De quoi reprendre la main sans y laisser ses soirées.

En résumé

Changer de syndic n'a rien d'un parcours du combattant : on attend l'échéance du mandat, on fait inscrire le non-renouvellement et la désignation à l'ordre du jour (LRAR, contrat du candidat joint), on respecte les 21 jours de convocation, on vote à l'article 25 — avec la passerelle 25-1 en filet —, puis on récupère fonds et archives sous 15 jours à un mois. La seule vraie difficulté, c'est la reprise comptable. L'essai gratuit Tenilar (1 mois sans CB) inclut le module de reprise des comptes et l'accompagnement à la bascule, que vous repreniez la main en bénévole ou que vous montiez votre propre structure.

changer de syndicnon-renouvellement mandat syndicpasser syndic bénévolevote AG changement de syndicmajorité article 25 copropriététransmission archives syndic art. 18-2

Questions fréquentes

Peut-on changer de syndic en cours de mandat ?

En principe non : un mandat de syndic n'est pas résiliable librement en cours de route. Vous attendez son échéance (3 ans maximum) et vous ne le renouvelez pas. Il n'y a que deux exceptions : la révocation pour faute, votée en AG à la majorité de l'article 25 et qui doit être motivée (manquements graves, défaut de compte séparé, comptes non présentés), et la démission du syndic. Dans la grande majorité des cas, on raisonne donc en « non-renouvellement à l'échéance », pas en « résiliation ».

Quelle majorité faut-il pour changer de syndic en assemblée générale ?

La désignation d'un nouveau syndic se vote à la majorité de l'article 25, c'est-à-dire la majorité des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés ou non). Si ce premier vote échoue mais que le candidat a recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, la passerelle de l'article 25-1 permet de procéder immédiatement à un second vote, cette fois à la majorité de l'article 24 (la majorité des voix des seuls présents et représentés). C'est ce mécanisme qui débloque la plupart des changements de syndic.

Comment faire inscrire le changement de syndic à l'ordre du jour ?

Tout copropriétaire peut demander au syndic en place, par lettre recommandée avec accusé de réception, l'inscription d'une ou plusieurs questions à l'ordre du jour de la prochaine assemblée — y compris le non-renouvellement de son propre mandat et la désignation d'un concurrent. Joignez le projet de contrat du syndic candidat : il doit figurer dans la convocation pour que le vote soit valable. Anticipez : la demande doit parvenir au syndic suffisamment tôt pour qu'il l'intègre avant l'envoi des convocations.

Quel est le délai de convocation de l'AG qui change le syndic ?

La convocation doit être adressée à chaque copropriétaire au moins 21 jours avant la date de l'assemblée (art. 9 du décret du 17 mars 1967), par lettre recommandée, remise contre émargement ou voie électronique si le copropriétaire l'a acceptée. Elle doit contenir l'ordre du jour détaillé, les projets de résolution (non-renouvellement, désignation) et le projet de contrat du nouveau syndic. Un délai non respecté ou un contrat manquant peut faire annuler la décision.

Dans quel délai l'ancien syndic doit-il transmettre les documents et les fonds ?

L'article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965 encadre la transition. L'ancien syndic doit remettre au nouveau, dans les 15 jours suivant la fin de son mandat, la situation de trésorerie, la totalité des fonds disponibles et les références des comptes bancaires du syndicat ; puis, dans le mois, l'ensemble des documents et archives de la copropriété, y compris sous forme dématérialisée. En cas de retard ou de refus, le nouveau syndic peut saisir le tribunal judiciaire en référé pour obtenir la remise sous astreinte.

Peut-on se passer de syndic professionnel et devenir syndic bénévole ?

Oui. Un copropriétaire peut se porter candidat comme syndic bénévole : il est élu en AG à la majorité de l'article 25 et assume les mêmes responsabilités légales qu'un professionnel (comptabilité, AG, convocation, conformité). C'est l'option la plus économique, sans honoraires de gestion. Le conseil syndical peut aussi exercer collectivement la fonction en syndic coopératif. Dans les deux cas, un logiciel adapté (comptabilité guidée, AG dématérialisées, alertes réglementaires, reprise des comptes) rend la charge tout à fait tenable, même pour une petite copropriété.

Envie de tester Tenilar ?

Le logiciel de syndic intelligent. Essai gratuit 1 mois, sans carte bancaire.

Commencer gratuitement